Suite à la saisi dans le port de Rotterdam de médicaments génériques destinés au marché brésilien, le gouvernement brésilien a décidé qu’il porterait plainte auprès de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ce chargement de Losartan, un générique traitant l’hypertension artérielle avait été acquis en Inde par le Brésil et transitait par la Hollande.
Selon le ministère des Affaires étrangères, cette action marque « un grave retour en arrière dans les efforts du Brésil pour un accès universel aux médicaments ». Depuis 2000, le Brésil s'oppose aux grands laboratoires étrangers pour faire baisser le prix de certains médicaments.
Ainsi, il se bat au niveau international pour garantir une distribution gratuite et universelle des médicaments. Le Brésil avait notamment fait parlé de lui en étant le premier, avec l’Inde, à produire à grand échelle des médicaments génériques contre le Sida.
Le gouvernement brésilien est « décidé à porter l'affaire devant le Conseil exécutif de l'OMS » à Genève et pourrait déposer un recours auprès de l'Organisation Mondiale du Commerce. Le Brésil estime que cette saisie « jette le doute sur l'engagement des pays européens à donner aux populations des pays en développement un libre accès aux médicaments ».
Mais pour l’industrie pharmaceutique, les brevets demeurent une priorité. Leur argument ? Sans brevet, tout le monde pourrait piller leur recherche. S’ils n’ont plus accès aux pays en développement, les investissements ne seraient plus rentables. Et au final, les recherches pharmaceutiques stopperaient nettes. Une exception ne pourrait néanmoins pas être faite pour les marchés émergents qui ne sont qu’il en soit pas des consommateurs étant donné les prix de ces médicaments ?
Vincent Paes
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