Jeudi 18 décembre 2008


Réunis au Brésil pour un sommet régional, les dirigeants d’Amérique latine ont déclaré, mercredi, qu’ils avaient eux aussi leur mot à dire car, si la crise financière n’était pas de leur fait, elle avait un impact réel sur l’économie de la région. « Nous avons un rôle important à jouer dans l'édification d'une nouvelle architecture économique et politique internationale », a ainsi estimé l'hôte de ce sommet, le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva.

 

Et pour cause l’inquiétude monte au Brésil, le risque pays augmente et l’octroi de crédit commence à devenir difficile pour l’Etat. « Je suis inquiet. Chaque jour, la prime de risque de mon pays augmente et aux Etats-Unis, c'est zéro. Quelque chose ne va pas » a précisé le président brésilien.

 

Du côté des socialistes plus révolutionnaires, la crise économique mondiale est une opportunité à saisir pour refonder un modèle économique propre à l’Amérique latine. « Deux voies s'ouvrent devant nous. Changer le modèle économique appelé capitalisme, ou stimuler de nouveaux mouvements révolutionnaires dans nos pays, où égalité, dignité et solidarité sont les maîtres mots » estime Evo Morales, le président bolivien.

 

Des tensions se sont alors créés entre les dirigeants les plus à gauche comme le président vénézuélien Hugo Chavez qui veulent romprent les relations avec les Etats-Unis et les dirigeants « plus neutre » comme Michelle Bachelet, la présidente chilienne, ou Lula, qui souhaitent maintenir des relations amicales avec les Etats-Unis. « Ne tenons pas l'empire responsable de tous les maux », a plaidé le président uruguayen, Tabare Vazquez.

 

Enfin, les dirigeants se sont engagés à élaborer un projet d'intégration et de surveillance des marchés financiers d'Amérique latine et sur les perspectives de création d'une monnaie unique latino-américaine. Ils souhaitent également s'entendre sur une position commune avant la tenue d'une conférence des Nations unies sur la crise financière internationale, qui devrait avoir lieu au cours du premier semestre 2009. Mais au vu des tensions internes, la route semble encore longue.


                                    Vincent Paes

Pour lire un article sur l'intégration latino-américaine, cliquez-ici.

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